vendredi 24 mars 2017

Bravo !


Chers amis, les mots me manquent....
alors, laissez-moi vous le dire en images :


Bravo !

Bravo pour votre verve gouleyante...
pour votre imagination foisonnante
et pour vos textes mirifiques ! :-)
Mars fut prolifique...
Ce fut un plaisir de vous lire...

Je vous dis merci ...
et vous donne rendez-vous en avril...
pour de nouvelles aventures !

A bientôt !
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La Licorne
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mardi 21 mars 2017

JEU 24 : Elle le fustige...



Dès potron-minet elle le fustige, 
car elle subodore ce éternel chafouin 
d'avoir encore commis de mirifiques galéjades 
qui ne sont des plaisanteries que pour lui.
Elle s'approche subrepticement derrière son dos, 
tandis qu'il pratique ses ablutions devant le miroir. 
Amoureux de son image, il répète et braille d'une voix tonitruante 
ses chansons paillardes et ses habituelles calembredaines.
Alors elle surgit et fustige ce pleutre gougnafier 
de rodomontades féroces face auxquelles 
il ne peut présenter qu'un regard pusillanime.
- Ah, coquin ! Tu ne videras plus à présent ton escarcelle 
dans tous les estaminets, où tu passes le clair de ton temps 
à te goinfrer de gouleyantes ripailles. 
Et ne tente plus, paltoquet, de m'amadouer : 
Non, je ne suis pas une callipyge, ne t'en déplaise ! »
.
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dimanche 19 mars 2017

Le monde est fou


Pour l'agenda ironique de mars 
chez Monesille
(2ème texte proposé)

Thème : "Les fous, la folie..."
Et ...il fallait placer quatre mots composés


Le monde est fou, fou, fou voyez-vous...
Le monde est fou, fou, fou, voyez-vous ?

Dans la ville, il y a...
Des voitures, des immeubles, du béton,
Des ronds-points, des pancartes, des camions,
Du bruit, de la fumée, des maisons, 
Des vitrines, des passants, de l'agitation...

Mais qui voit, mais qui voit 
Le nuage du soir qui poudroie
Et le petit oiseau sur le toit ?

Dans ma vie, il y a...
Des rendez-vous, des plannings, des affaires...
Des bureaux, des collègues, des confrères,
Des réunions, des trajets, des horaires
Des fatigues, des retards, des colères...

Mais qui comprend, mais qui comprend
Mes rêves, mes désirs, mes élans
Mon coeur qui vers le ciel se tend ?

Dans le monde il y a ...
Des nations, des pays, des frontières
Des dirigeants, des partis, des militaires
Des pauvres et des multi-multi-millionnaires
Tous affamés du billet vert

Mais qui sait, mais qui sait
Que la Terre est en danger...
Qu'elle nous supplie de changer ?

Dans ma télé il y a 
Des stars, des films, des acteurs,
Des pubs, des jeux, des animateurs
Des infos, des débats, des footballeurs
Et puis de la violence à toute heure...

Mais qui dit, mais qui dit
La profondeur de la vie
Et la beauté de l'âme-esprit ?

Dans ma pauvre tête il y a
Des idées, des opinions
Des peurs et des impressions,
Tant d'images et de passions
Tant de mots et de leçons...

Mais que vienne, mais que vienne
La fin de cette vieille antienne
Mais que danse, mais que danse
Enfin le son du silence...
.
La Licorne
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jeudi 16 mars 2017

JEU 24 : En tous biens, tous honneurs



Au jeu des calembredaines, me voici convié.
 De mes plus belles poulaines, chaussé,
Mon pourpoint, de dentelles, orné,
Venise, Calais, ou  Alençon,
Il n'en est pas ainsi de mon pantalon,
Troussé sans façon.
De  bons mots, ai empli mon escarcelle,
A brûle-pourpoint les citerai,
Espérant l'assistance enchanter.
Moult  demoiselles,
A cette soirée, sont priées,
A nous contempler, ferrailler.
Plumes de paltoquets,
Rodomontades d'écervelés,
Quelques gougnafiers,
Écrivaillons,
Vers de miséreux.
Je m'en vais par la venelle,
Préparé à ce bel affront.
Plus tôt, après énergiques ablutions,
Qui vous remettent d'aplomb,
Que n'ai-je présagé cette funeste vision.
Adieu Venise, Calais, Alençon,
Comment l'émoi d'une belle mériter.
Me voici, poète primesautier,
En mes atours, attaqué,
Au détour d'une ruelle,
Subrepticement l'imprévu s'est déclaré.
Mon escarcelle éventrée,
Mes mots d'esprit envolés,
Me voilà pleutre,
Dépenaillé,
Juste des larmes pour pleurer,
Fustiger et haïr ces  personnages,
Allures chafouines,
Acteurs de ma déconvenue.
Finir en galéjade,
Mirifique horizon bafoué
Me reste pusillanimes et vains,
Quelques traits que je croyais d'esprits,
Des poulaines avachies,
Un pantalon éculé,
Perruque de guingois,
Sous les broderies et lazzi,
Plus du tout gouleyants à mon esprit.
Je m'apprête à m'enfuir,
Voici que je crois ouïr :
"Damoiseau,
De votre personne malmenée,
Fort bien tournée, ma foi,
Je ne sais laquelle me met le plus en émoi.
Et de vous consoler,
Grande envie j’éprouve.
Permettez que de votre parure,
J'efface le désordre."
Par mes yeux, je la vis,
Callipyge, maintes fois rêvée.
Là, céans,
Ses sourires et soutien me cédant.
Je m'inclinais,
La baisais.
Dès potron-minet,
Je m'éveillais,
Convaincu d'avoir tout imaginé.
Elle était là, généreuse et offerte,
De partout et de ce séant,
Qu'aussitôt, de moi, désir vibrant,
De  l'honorer s'empara.
Lecteurs, votre impudence, et sournoises pensées,
Je subodore,
Ne vous fourvoyez pas,
Ma demoiselle et moi,
Bien qu'épris follement,
Ont souci en amour de bien le faire,
Et  toute moralité confondue,
Vivre et narrer en poésie,
Le restant de notre vie.
.
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Image proposée par Jacou

mercredi 15 mars 2017

Tweet...tweet...tweet...

Pour l'atelier Mil et Une


Il m’est passé par la tête 
que l’oiseau bleu du bonheur n’était pas...
virtuel !
.
La Licorne
(en moins de 140 signes) 
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Jeux de l'ego

Pour l'atelier Mil et Une


T'as vu mon nouveau look ?

300 "like" sur Facebook !

Aux doux jeux de l'ego

Chacun devient accro

Tu te construis un mur

Une façade-devanture

De selfies en selfies

T'as toujours plus d'amis...

La vitrine est jolie

Mais où s'en va la vie...?

Derrière les apparences...

Y'a comme un goût de rance

Une profonde vacuité

Qui te laisse dépité

Dis moi que je suis beau

Et que j'suis rigolo

Dis moi que je suis belle

Et remplis ma gamelle

Il t'en faut toujours plus

Sinon t'es un minus

Tant de câlins virtuels

Et pas un pote réel...

C'est la norme aujourd'hui

Tous des stars, tous sexy

Allez, change ta photo

Elle a deux jours de trop

Affiche ce que tu aimes

Et garde tes problèmes

Fignole ton image

Montre-toi à la page

Non, mais...y'a que les ploucs

Qui sont pas sur Facebook !

.
La Licorne
.


dimanche 12 mars 2017

JEU 24 : Journal d'une PAL




Salut c'était moi Palagie

Pas Pélagie hein, PALAGIE, je suis la PAL de Valentyne. 
On me voit sur la photo avec ma jumelle la Princesse Palatigne 
(un peu prout prout la Princesse mais bon on choisit pas sa famille)
Je suis sûre que vous vous demandez ce qu'il y a dans la PAL de Valentyne : 
pfutt et bien je dirais qu'il y à boire et à manger dans cette "Pile à Lire" 
(elle écume subrepticement et en tout impunité les brocantes 
alors il y a moults livres jaunis et  à trois sous dans son escarcelle,  
elle dépense sans compter avec des titres improbables où domine une certaine folie : 
folie primesautière avec "En attendant Bojangles "
(l'histoire d'une folle selon la quatrième de couv), 
la P respectueuse (je me demande bien qui est cette P ?  
Pélagie la charrette ma presque homonyme ?), 
les aventures du capitaine Alatriste 
- l'homme au brûle-pourpoint jaune d'un certain Arturo Reverte 
(non mais c'est quoi de titre à la noix comme si quelqu'un pouvait s'appeler Alatriste : 
un cousin du Chevalier à la triste figure ?  On choisit pas sa famille je vous dis)

Le problème avec Valentyne c'est qu'il n'y a pas de place chez elle 
et que moi et ma sœur nous sommes toutes éparpillées dans la maison :
 Elle nous réunit de temps en temps pour une photo. 
Elle nous remonte une fois par mois à la parution du thème de l'agenda ironique : 
 il faut la voir dès potron-minet,  les 4 fers en l'air,
en train de monter des tours de livres : 
d'un côté ceux en raccord avec le thème, 
de l'autre les livres qui devront attendre un mois voire plus pour être enfin considérés  
(par exemple le mois d’avant le précédent elle a failli lire « le bal du dodo » 
pour Espèces d'espaces organisé par Carnets,
 mais je l'ai remis discrètement en dessous de la pile, 
un bal et puis quoi encore ?)

J'ai eu un peu peur à un moment de nous voir ainsi dressées dans le salon
 ma sœur et moi alors que dans la pièce d'à côté 
il y a un avion Playmobil en parfait état de marche. 
Je ne suis pas pleutre mais je suis sûrement influencée
par le fait que dans moi-même 
il y a un livre sur le 11 septembre
(Beigbeder - Windows of the World), 
j'en ai pâli d'effroi.

Voilà donc ce mois-ci
Valentyne a démarré des recherches Paléolithiques 
pour trouver un livre sur la folie
(dommage qu'elle ait lu Martien go home le mois dernier : 
il y avait une belle palanquée de fous dans ce bouquin)

Bon avec un sujet pareil la folie je subodore que c'est pas demain 
que je vais me débarrasser des quelques romances qui me servent de fondations. 
Bon sur ce, je vous laisse, j'entends Valentyne qui a fini ses ablutions post-goûter : 
faudrait pas qu'elle me chope à écrire ces galéjades 
elle pourrait se rechoper un accès de paludisme, 
voire me clouer au palori (je vous en recause incessamment sous peu)

Je vous embrasse
Lectureusement votre
Votre respectueuse Pal toquée
.
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samedi 11 mars 2017

JEU 24 : Le petit Prince de Schrödinger


(Suite du texte "Le petit Prince au jardin")


« Sombre crétin de corbeau ! Maudit paltoquet malplumé ! glapit le renard – à moitié étouffé sous les coulées du fromage.
Qu’eut-il mieux fait que de se plaindre ? A part râler un peu et courir se laver la tête jusqu’à la rivière la plus proche ? C’est ce qu’il fait.Tandis qu’il s’ablutionne, frissonnant et grimaçant – car le renard, s’il tient à garder propre son pelage rouge, n’aime pas plus qu’un autre plonger le museau dans l’eau froide avant potron-minet – une grosse voix le surprend :
– Pouah ! Cette odeur ? ça sent le laitage… Perrette n’a quand même pas encore flanqué sa cruche à la rivière ?



C’était un loup passant par là (il cherchait l’aventure). Il avise le renard :
– Je subodore que c’est toi, cette odeur ? Bravo ! On dirait que tu as dormi dans une fromagerie !
– C’est le corbeau, enfin, son fromage… tente d’expliquer le renard. Le loup ne l’écoute pas :
– Et tu te laves dans mon ruisseau ? Mais qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? répond l’animal plein de rage (il fait semblant ; c’est un loup très primesautier).
– Là tu te trompes, loup, dit le renard qui connaît la fable, je ne suis pas l’agneau.
– Pas l’agneau ? Il lance à brûle pourpoint : Si ce n’est toi, c’est donc ton frère !
– Allez, loup, risque le renard – un peu pleutre mais qui trouve que les rodomontades du loup ont assez duré.
– ça va, renard, je plaisantais ! Trêve de calembredaines, où as-tu mis l’agneau ?
Le renard ne répond pas ; les galéjades, ça va un moment ! Il a replongé la tête dans l’eau froide et se rince les oreilles à grands glouglous.
– L’agneau ? demande le petit prince qui était assis là depuis le début. Vous voulez dire le mouton ?
Le loup se tourne vers lui :
– Je ne sais pas qui tu es, mais tu veux me mettre en boîte !?



Il avise la caisse percée de trous posée près du petit prince et reprend : Tu l’as caché là, hein ?
– Le mouton ? redemande le petit prince.
– Non, l’agneau ! réplique le loup. Je suis sûr qu’il est là-dedans ! Et d’ailleurs, ça ne me plaît pas, cette histoire d’agneau en boite ! Si ça se trouve, il est malade, ou alors c’est un bélier – avec la caisse on ne distingue pas les cornes – ou encore il est trop vieux ! Je veux un agneau qui vive longtemps ! Enfin, assez longtemps pour que je le mange.
– Pourquoi forcément un agneau ? demande le petit prince. Tant que tu n’ouvres pas la boite, ça peut tout aussi bien être un éléphant, un boa, ou même un baobab.
Le loup reste coi – il essaie d’imaginer ces drôles de bêtes et leurs saveurs qu’il présume gouleyantes puisque inconnues… Pas facile, avec juste le nom : sauf pour baobab. Celui là sonne bien dodu.
Après un silence, le loup demande :
– Si ça peut être tout ce que tu dis, ça pourrait aussi être un troupeau d’agneaux ?
– Tu veux dire un troupeau de moutons, répond le petit prince. Puis il se rappelle qu’il faut être conciliant et reprend : Bon, comme tu dis, un troupeau d’agneaux. Ou bien un chat, on ne sait jamais. Ou même tout en même temps.
A ces mots, le loup ne se sent plus de joie, il ouvre une large patte griffue, s’empare de la caisse et s’enfuit au plus profond de la forêt avec son garde-manger mirifique !


– Partir sans dire au revoir ? Quel gougnafier, ce loup ! 
fustige le renard qui achève de se sécher.
– J’espère qu’il sera prudent.
– Prudent ? Le loup ?
– Oui. Parce que ça peut aussi être un chasseur.
– Un chasseur ? Le loup ?
– Non. Dans la boîte. Enfin, on ne sait pas, tant qu’il ne l’ouvre pas.
Mais le renard n’écoute plus : il cherche le long de la rivière le bout de fromage encore à peu près intact qu’il avait mis de côté. En vain.



Alors, le petit prince lui indique du doigt le corbeau perché sur la dernière branche de l’arbre qui se découpe dans la nuit : l’oiseau a profité de la nuit noire pour reprendre son fromage.
– Tout ça pour un bout de Chester, dit le petit prince.
– C’est quoi, un Chester ? demande le renard.
– Tu sais, un fromage du Cheshire, répond le petit prince. Le chat de cousine Alice en raffole. Tiens, la preuve si j’ai raison...
A ce moment, un nuage sombre passe dans le ciel. Le renard et le petit prince, la rivière et les étoiles, l’arbre et le corbeau, tout s’efface dans l’obscurité redoublée. Seule subsiste la demie lune souriante et luisante du fromage suspendu au cœur de la nuit noire.
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jeudi 9 mars 2017

JEU 24 : Edmond Rostand, c'est de la poularde ?




A Cyrano moutard sa maman disait souvent : 
« Tes rodomontades me montent au nez ! ».

C’est que dès potron-minet il foutait la frousse au chat. 
Au lieu de lui filer du mou, il lui faisait moult agaceries. 
Le jeune gougnafier au visage chafouin avait bien repéré 
que le chat était pleutre. 
C’était un matou pusillanime comme on dit dans le Gard. 
Après ses ablutions matutinales le Mistigri subodorait 
que le jeune primesautier sortirait de sa besace quelque sottise ou cruauté 
à son endroit bien destinée. Quelquefois, à brûle-pourpoint, 
le garnement approchait une bougie de son pelage.
"Ça sent le roussi ! » miaulait-il en son for intérieur et en se carapatant. 
Il traînait son gros ventre au-dehors de la maison, 
il fuyait les calembredaines du gamin pour aller s’en plaindre au coq Chantecler 
qui était du genre mère-poule avec lui.

La maman de Cyrano fustigeait fréquemment son marmouset : 
« N’as-tu donc dans ton escarcelle que des fariboles et des galéjades ? 
N’es-tu donc point en âge d’aller courir la prétentaine, 
de lever quelque jouvencelle callipyge, de trousser quelque domestique, 
à tout le moins de jouer au docteur avec une péronnelle des alentours ? 
Je finirai par t’emmener chez la sorcière Bardot 
si tu continues ainsi à faire dans la zoophilie ! ».

Que vous dire d’autre de Cyrano ? De par Dieu, pas grand-chose ! 
Je n’ai jamais constaté que l’on eût consacré à un paltoquet pareil 
une pièce de théâtre, un roman ou un biopic ! 
L’homme n’avait rien pour lui et mentait à tel point 
que son nez s’allongeait dès qu’il ouvrait la bouche ! 
C’est la seule chose qui lui valut de rester, 
dans des manuels d’histoires littéraires pertinents mais obsolètes, 
comme celui qui servit de modèle à Carlo Collodi 
pour son histoire de pantin de bois explorateur de baleines. 
Si n’était sa patrie périgourdine qui lui dresse statue, 
on l’aurait totalement oublié, ce matamore de rire !

Car, et bien qu’ayant goût pour le Layon aux côteaux mirifiques, 
je trouve le Bergerac aussi bien gouleyant ! 
Et donc, subrepticement, je m’en verse un godet et lève mon hanap bien haut !
 Certes pas à sa gloire mais à votre santé à toutes et à tous !
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mercredi 8 mars 2017

JEU 24 : Belle inconnue


Comme j’ai l’habitude de me lever potron-minet, 
je m’étais subrepticement éclipsé ce matin là de mon domicile ; 
au préalable je m’étais empressé de faire mes ablutions, 
car mon caractère primesautier m’avait incité 
à entreprendre une promenade dans le parc
qui jouxte notre immeuble……

Dans les escaliers je croisais le voisin du dessus, 
dont je remarquais comme à moult occasions la mine de chafouin, 
son allure de censeur prêt à fustiger tous les importuns sur son passage .


Dépassant allègrement ce personnage
dans ma joyeuse descente des marches ,
 et ce en dépit d’une prudente salutation que je lui adressais , 
je l’entendis persifler dans mon dos , 
m’envoyant du bout des lèvres un « petit paltoquet, va ! »

Sortant de notre résidence du Pré Fleuri 
je me dirigeais hardiment vers l’entrée du parc….

Dès les premières enjambées
je fus saisi par les effluves printanières que le vent léger portait ,
tel un navire chargé d’épices orientales …….
Le parc tire sa renommée légendaire
e ses parterres fleuris d’essences de toutes sortes 
et je m’enivrais au passage en reconnaissant 
qui le mimosa, la violette, la coumarine…

C’est alors qu’au détour d’une allée je tombais nez à nez 
avec une charmante jeune femme à la chevelure rousse et abondante 
qui fut aussi surprise que moi de cette rencontre inopinée .
Pour ma part j’eus carrément l’impression de croiser une fée, 
tellement le bleu délicat de ses yeux magnifiques 
et son sourire d’ange m’avaient impressionné.


Nous poursuivîmes chacun notre marche mais ,
à maintes reprises, je ne pus m’empêcher, 
d’un geste discret de la tête, de suivre du regard cette demoiselle
au charme discret mais naturellement envoûtant,
femme véritable callipyge……

C’est alors qu’à brûle-pourpoint un malotru osa troubler l’image divine 
qui demeurait en mes pensées en m’abordant pour me conter des calembredaines 
au sujet de son chat qu’il suivait en ce parc jusqu’à sa soudaine disparition……
En fait je compris par la suite qu’il n’en voulait qu’à mon escarcelle 
que je tenais accrochée à la taille ; je réagis vivement , 
mais le pleutre n’osa poursuivre ses rodomontades 
et s’en fut courant à perdre haleine .

C’est alors que je m’esclaffais en pensant à ce gougnafier et ses galéjades : 
s’il avait subodoré qu’au lieu de mirifiques pièces d’or 
mon escarcelle ne contenait en tout et pour tout qu’une poignée de graines
 que j’apportais au responsable du parc, 
il aurait été encore plus marri de sa pusillanime tentative…..

Mais cette attaque avortée ne put m’empêcher de demeurer dans le souvenir 
de la gouleyante et mystérieuse jeune femme rousse…..

Petrus


mardi 7 mars 2017

JEU 24 : Dialogue façon Molière



(Interrompant ses ablutions, l'Avare se retourne d'un coup...)

- Qu'avez-vous pris, là... dans mon escarcelle ?
- Rien.
- ....?
- Rien, vous dis-je.
- Comment ça, rien ? Mais je viens de vous prendre sur le fait ! Dans ce miroir, 
je vous ai vu, de mes yeux vu, dérober subrepticement plusieurs de mes écus.
Ainsi, c'est pour me voler que vous êtes venu...
- Qu'allez-vous imaginer ? En aucune façon.
- Sans doute votre belle brune callipyge a-t-elle besoin de quelque bijou ?
Elle est fort gouleyante, ma foi, et je subodore que, primesautier,
vous lui avez fait entrevoir de mirifiques promesses... afin de gagner son coeur...
- Mais je ne vous permets pas, monsieur...Arrêtez-là, je vous prie !
- Je ne m'arrêterai pas, jeune homme... et vous fustigerai tant qu'il me plaira...
Vos rodomontades ne m'impressionnent point. Ce n'est pas un blanc-bec pusillanime
comme vous qui parviendra à me berner et à me dépouiller.
Et ne me servez plus vos mensonges, vos galéjades et vos calembredaines...
J'ai moult fois remarqué votre manège et vous ne m'ôterez pas de l'esprit
que c'est vous le coupable. Votre air chafouin le dit assez bien.
- Gougnafier ! Rustre ! Comment osez-vous ?
- Voleur ! Pleutre ! Paltoquet !
- C'en est assez, Monsieur. Je ne puis vous laisser entacher de la sorte mon honneur.
Nous en découdrons demain, à brûle-pourpoint et à potron-minet.
Je vous attendrai au carrefour des trois moulins.
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La Licorne
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lundi 6 mars 2017

JEU 24 : TSF




C’est le printemps.
Dès potron-minet, l’air primesautier est tout chargé d’effluves et de piaillements émoustillants. Dans la TSF, Ella Fitzgerald envoûte de sa voix de velours mon cabinet de toilette. Je m’adonne comme à l’accoutumée à mes ablutions, contemplant avec béatitude dans le miroir ma callipyge et gouleyante personne, quand à brûle-pourpoint, le speaker interrompt brutalement, comme un gougnafier, mon programme classique. Au beau milieu d’une mesure à quatre temps.
Saperlipopette ! Quelle galéjade ce paltoquet va-t-il inventer pour justifier cette rodomontade ? Je subodore quelque fâcheuse péripétie, comme un assassinat, un attentat à Sarajevo ou, pis encore, une grève-surprise.
Je tends l’oreille subrepticement pour ouïr ce que ce pleutre chafouin va claironner, avec moult circonvolutions oratoires. Mais, ô déconvenue ! Ce ne sont que calembredaines habituelles, brigandages et coups de Jarnac, de la part des foutriquets hâbleurs ou pusillanimes qui se disputent le pouvoir.
En fait d’assassinat, l’un d’eux s’est fait pincer le bec par un canard, qui le fustige de manœuvres douteuses. Rien de mirifique dans l’escarcelle de ce diseur de mauvaises aventures, rien qui justifie l’interruption du programme par un malappris.
Je tourne le bouton de la TSF pour lui fermer le clapet.
Et je vais, drapée dans ma nudité outragée, lancer le 33 tours d'Ella Fitzgerald sur la platine du tourne-disque. Un oiseau se pose sur le bout de mon doigt et le jazz m’envahit à nouveau.
C’est le printemps.
.
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dimanche 5 mars 2017

JEU 24 : Crazy Horse




Ils disent que je suis fou, fuyant, incapable d'aller droit au but 
mais ce sont eux les paltoquets....
Tenez par exemple, l’autre jour, le type en face me narguait, 
l’air chafouin, car j’étais un peu coincé et je ne pouvais plus me mouvoir, 
j’étais cerné….
Cela arrive aux meilleurs…

Après moultes contorsions
et après avoir donné du coude en veux tu en voilà 
j’avais fini par me rapprocher de sa Majesté. 
J’allais l’attaquer subrepticement dans les règles de l’art 
quant à brûle pourpoint l’autre gougnafier de Crazy Horse 
 s’est intercalé et m’a forcé à reculer 
(enfin je devrais dire gougnafière je pense 
parce que le Crazy-horse du camp adverse est en fait
une jument – callipyge -
 fière comme un paon – ou une paonne).
Mais ils ne perdent rien pour attendre les autres poltrons-minets. 
Ils veulent me snober ? moi ? 
Ils me prennent pour un pion alors que moi,  
Jekill Bishop de La Tchèque en bois, 
je suis un digne descendant
d’Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres 
de Carpentras et Syra du côté de mon père 
et de Dulcinea del Toboso de la Cervantesse 
du côté de ma mère ?

Foin de leurs calembredaines. 
Je ne me laisserai pas fustiger sans défendre mon honneur 
par une bande de pleutres qui font des courbettes 
à une monarchie pour qui rodomontades rime avec galéjades. 
Et l'autre en face qui me regarde en biais 
je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à ce fou-monnayeur, 
le hisser pendu haut et court au mat de misaine.
Crazy-Horse aura beau se dandiner, prendre la tangente,
 moi j’irai droit au but et … paon dans sa face.
Et près je n'en ferai qu'une bouchée de cette reine d’albâtre 
et une fois celle-ci dans mon escarcelle, 
à moi les sommets, j’éliminerai le roi 
et ce n’est pas l’autre Crazy Horse qui m’en empêchera ! 
Foi de fou ! 

Un petit selfie : je suis le troisième 
en partant de la gauche (votre gauche)
.


La fête des fous

Pour l'Agenda ironique de mars,
joyeusement lancé par Monesille...

Texte sur le thème des "fous"...
(dans lequel il fallait glisser, en plus, quatre mots composés)





"A la mi-août, 
On se sent plus dynamique,
A la mi-août
On s'amuse comme des fous..." (*)

Et à la mi-mars, 
Qu'est ce qu'on fait à la mi-mars ?
Ben, à  la mi-mars, 
On aime bien faire quelques farces,
Quelques farces entre comparses...
Plus y'a de fous, plus on rit
Alors, j'en invite pardi !
Si tu veux, reviens mardi...
Tu verras, c'est bien sympa
On est entre nous
On est entre fous...
Y'aura  mon ami Fou-fleur, 
Celui qu'a une drôle d'odeur,
Et puis mon ami Fou-trac
Celui qui est mort de peur
J'inviterai aussi Fou-gueux, 
Sans le sou mais si joyeux,
Et puis l'imposant Fou-lard
Le plus gros, le plus bizarre...
Tu vois, on est une bonne bande
Et la salle est assez grande
Alors, vas-y, rejoins-nous
Un de plus, moi, je m'en fous...
Comment c'est ton nom déjà ?
Un peu chinois, non, je crois ?
Ah mais t'es le bienvenu,
"Kung-fou"...tu n'seras pas perdu !
.
La Licorne
.

(*) Chanson de Ray Ventura
(cliquer sur le lien pour l'écouter)


samedi 4 mars 2017

JEU 24 : Départ en famille



Dès potron-minet, après de courtes ablutions, 
ils partaient, l'humeur primesautière 
et la tête pleine des mirifiques choses qu'ils feraient là-bas, 
dès leur arrivée, en récompense des moult kilomètres avalés.

Le petit frère embarquait toujours subrepticement quelques jouets de plus 
dans la voiture déjà pleine à craquer.
Leur père le subodorait mais préférait épargner ses forces 
pour fustiger tous ces paltoquets, ces gougnafiers, 
ces pleutres mous du volant qui avaient choisi de prendre 
la même route le même jour que lui.

Plusieurs fois, la gamine vérifiait si le billet de 20 francs reçu du grand-père
 était toujours bien plié en quatre dans son escarcelle.
Le petit frère jouait à la guerre en faisant tous les bruitages 
puis à brûle-pourpoint s'enquérait: "c'est encore loin?".

Leur pusillanime mère se gardait bien d’intervenir 
jusqu’à ce que le père, excédé, intime le silence.
Mais toujours le petit frère prenait ses menaces pour galéjades 
et poursuivait allègrement ses calembredaines.
"C’est encore loin?" répétait-il au moment même 
où on lui promettait punitions et fessées, 
prouvant par là qu’il n’y voyait que rodomontades.

Au bout de douze heures de route, ils finissaient tout de même
 par arriver au pays des vins gouleyants, 
vénus callipyge et commerçants chafouins 
qui la nuit peignaient "NL go home" sur toutes leurs départementales 
et le jour vendaient du pastis aux NL 
en leur faisant croire que c’était du cognac. 
.
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mercredi 1 mars 2017

JEU 24 : Petite charge démocratique



Foin de rodomontades, ce 23 avril prochain, sitôt achevées nos ablutions, il faudra, 
primesautiers dès potron-minet, aller fustiger à brûle-pourpoint 
les chafouins et les paltoquets qui nous escagassent de mirifiques galéjades 
à seule fin d'emplir leur escarcelle de moult suffrages populacieux. 

Je subodore ces gougnafiers nous refourguer leur quincailles, 
leur clincaille, et leurs calembredaines malgouleyantes 
à seule fin d'échapper subrepticement à la Loi 
qu'ils n'invoquent que pour camoufler leur larcins 
et escrocailleries majeures et callipyges... 
les pleutres pusillanimes !
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JEU 24 : Mots désuets


(Pour le mois de mars, avec un p'tit peu d'avance...)



Il faut reconnaître que certains mots de notre belle langue française 
ne sont plus guère utilisés...et, qu'au fil des ans, 
ils  tombent lentement mais sûrement en "désuétude"...

C'est pourquoi, afin de défendre la richesse et la beauté de notre vocabulaire,
je vous propose d'écrire un texte avec des mots peu usités...

Je suis sûre, vous connaissant, 
que vous vous ferez un plaisir de leur donner une "nouvelle vie"...



Les voici (dans l'ordre alphabétique) :

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines,  callipyge, chafouin, 
escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant,
mirifique, moult, paltoquet, potron-minet, pleutre, primesautier, 
pusillanime, rodomontades, subrepticement, subodorer

Parmi ces vingt mots, vous devrez en utiliser au moins dix...
pour former un texte cohérent...et savoureux,
fleurant bon le parfum du temps jadis...


Chers amis de la plume, à vos encriers !
.
Envoi  à undeuxtrois4@orange.fr
 avant le 21 mars 2017
à minuit
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La Licorne
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dimanche 26 février 2017

Le petit Prince et le renard


Je vous partage aujourd'hui la version audio
de l'extrait qui nous a inspiré(e)s ce mois-ci...
(chapitre 21 du livre).

Raconté par Bernard Giraudeau, c'est savoureux...

On ne pourra malheureusement pas
lui demander d'enregistrer vos versions à vous...:-)
Dommage !
Elles étaient savoureuses, elles aussi...



Alors, si vous avez quelques minutes devant vous...

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La Licorne
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samedi 25 février 2017

Ecrire : Voyage vers l'inconnu ?




Ce que je connais, je ne l’écris pas,  
ce que je ne connais pas, je l’écris.
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Christian Bobin
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vendredi 24 février 2017

Merci à vous !


A vous tou(te)s, participant(e)s de février...
du fond du coeur
(coeur, qui, comme le disait Antoine,
voit bien mieux que les yeux) :



Et rendez-vous le premier mars...
pour un nouveau défi !
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mercredi 22 février 2017

JEU 23 : Le petit Prince au jardin




C’est alors qu’apparut le renard :
« Bonjour, dit le renard.
– Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
– Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
– Je suis un renard, dit le renard.
Pendant que le petit prince se demandait si ce renard ferait un ami convenable, une autre voix s’éleva :
– Et moi, je suis un corbeau. N’est-ce pas que je suis joli aussi ?
Le petit prince leva les yeux vers le feuillage et aperçu l’oiseau sur l’arbre perché. Son large bec grand ouvert, noir et maigre, l’oiseau ne lui paraissait pas très joli. Mais s’ils devenaient amis, il le verrait peut-être d’un autre œil. A ce moment, il y eu un choc sourd au pied de l’arbre et un fromage roula dans l’herbe entre le petit prince et le renard.
– Manqué ! cria celui-ci, qui ajouta : Espèce d’assassin, attends que je t’attrape, tu verras si je laisse tomber ma proie, moi !
Et il bondit contre le tronc du pommier. Le corbeau voleta deux branches plus haut.



– On se calme, intervint une voix grave et lente.
– Mais vous êtes combien dans cet arbre ? demanda le petit prince.
– Bonjour aussi, répondit la voix lente. Ne le prenez pas mal, mais vous faites une petite erreur. Je ne suis pas combien, je suis l’arbre.
– Vous voulez dire que vous êtes un pommier ?
– Puisqu’il faut tout détailler, c’est bien ça, soupira la voix lente.
– Et nous on est les pommes ! Et nous, les feuilles ! Et nous, les branches ! Et nous, les herbes du pré, nous les mûres du murier, nous les grenouilles de la mare, crièrent d’innombrables petites voix stridentes ! Seul le fromage se taisait (il tentait de se faire oublier du corbeau et du renard).Un peu effaré – il n’avait encore jamais envisagé devenir ami avec des plantes, des grenouilles ou des pommes -, le petit prince salua à son tour, le plus poliment possible :
– Bonjour, pommier ; bonjour, les herbes ; bonjour les mûres ; bonjour les raisins…
– Eux, ça n’est pas la peine de leur parler, il sont trop verts, coupa le renard !
– Oh, le goujat, répondit la vigne. Et l’herbe, les taillis et les feuilles se mirent à crier :
– Trop vert ? comment peut-on être trop vert ? Sale bête rousse !
Bientôt les rainettes joignirent leurs coassements aux imprécations contre le renard. Seules les reinettes du pommier, mi-vertes mi-rouges n’osaient choisir un camp ou l’autre. Le petit prince, abasourdi par le brouhaha, ne savait que faire. Il y avait bien le corbeau, qui se tenait ostensiblement à l’écart du tohu-bohu assourdissant. Mais comment lui parler ? Le petit prince avait l’impression un peu vague qu’il y avait une façon particulière de s’adresser à un corbeau, qu’il y fallait des ramages, du plumage, un phénix et de longues phrases. Il renonça et avisa une rose qui se tenait sagement à l’écart. Peut-être que celle-ci voudrait bien être son amie.



Il la salua :
– Vous êtes bien jolie.
– N’est-ce pas ? C’est que je suis une rose.
– Vous devez être bien fâché contre ce renard, ajouta-t-il pour lui plaire.
– Pourquoi cela ?
– Mais… parce qu’il a dit du mal des plantes.
– Et alors ? Vous êtes bien impudent ! Je ne suis pas une herbe simplette, moi ! Je suis aussi rouge que lui ! Osez dire que c’est de ma faute si mes feuilles sont vertes !
La rose se mit dans une telle colère que sa corolle vira au rouge cerise. Confus, le petit prince s’éloigna en pensant : c’est bien difficile, l’amitié. Aussi, le monde est trop compliqué. J’ai beau être attentif à tout le monde et aussi poli que possible, il arrive toujours un moment où les gens et les choses ne sont plus aussi simples qu’on aurait pu l’espérer. »

Le soir venu, croquant une pomme au pied de l’arbre, le renard tint à peu près ce langage :
– Corbeau, écoute, oublions ce petit prince. C’est toujours la même affaire avec les hommes, ils veulent toujours savoir. Nous, on n’a pas besoin de tout comprendre à tout pour être ami.
Le corbeau, qui tenait dans son bec le fromage retrouvé, se tint coi.
– On n’a même pas besoin d’être toujours d’accord.
Mais on dirait que les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard.
– Tu crois ? croassa le corbeau, lâchant le fromage qui – splatch ! – s’aplatit sur la tête du petit fauve.
.
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lundi 20 février 2017

Les quatre filles du Dr Munch


Pour l'atelier Mil et une

Mot à placer : CRI

Tableau Edvard Munch

Elles sont jolies, les quatre filles Munch,
avec leurs longues robes et leurs chapeaux ronds.
Elles viennent souvent sur le petit pont de bois
...derrière chez moi.

J'aime à les regarder passer.
Elles sont comme une volée d'oiseaux printaniers,
à la fois vives, espiègles et légères.
Elles courent et rient et chantent
comme on le fait à quinze ans,
quand on a la vie devant soi,
des rêves à n'en plus finir,
et le coeur au bord des lèvres.
Quand elles sont là toutes les quatre,
c'est la joie qui traverse le pont.
Le ciel en devient soudain plus bleu,
le soleil brille plus fort,
et tout semble beau et simple.
Evident.
Mon coeur de vieillard retrouve un peu de son allant,
et j'oublie, pour un instant, les ans qui pèsent sur moi.

Un jour de mai, j'ai voulu les aborder...
Mais aussitôt leur mère est arrivée.
Elle s'est placée entre elles et moi,
et son regard était plus froid que l'acier.
J'ai soudain vu mes amis se détourner,
se mettre à fixer ostensiblement la rivière,
comme si elle les aimantait.
Le temps s'est arrêté.

Puis je les ai regardées s'éloigner à petits pas,
repartir au village serrées, soudées, unies,
comme on rentre au nid...

J'ai attendu, attendu...
Attendu d'être seul, seul dans le soir couchant.
Et c'est là, que devant un ciel rouge sang,
venu du plus profond de mon âme meurtrie,
me surprenant moi-même,
avec une violence inouïe...
il est sorti.
Déchirant la nuit,
déchirant la toile de ma vie.
.
La Licorne
.




Vagabondage orthographique

Pour l'atelier Mil et Une


Dis, M'man, ça s'écrit comment
"Sincèrement" ?

Ben, ça dépend !

Saint Serment
S'insère, ment...
Sein serrement

Cinq cerfs... M'man !!!
Sain...sers m'en !
Sinc....errement....

Oh...passe-moi ton stylo doré, 
Je vais l'écrire moi-même...
.
La Licorne
.


vendredi 17 février 2017

JEU 23 : Simplicité




C'est alors qu'apparut le renard:
- Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment le petit prince, 
qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.

— T’es-tu paumé sous le pommier ? 
demanda le petit prince, sans rire.
Moi je suis le petit prince 
et je descends en droite ligne de Pépin le Bref, ajouta-t-il.

 —Vous descendez, votre Altesse ? 
Mais alors, quel titre vous donnerai-je
lorsque  vous monterez ? 
Devrai-je dire : votre Bassesse ? 

Le petit prince demeura songeur un moment.

 — J’avoue, cher ami au poil roux, que je ne sais par quel bout 
attraper ton étrange question. Elle semble n’avoir ni queue ni tête...
et je m’sens tout bête !

   — Je me propose, dit le rouquin taquin, de vous tutoyer, 
sans Altesse ronflante ni Bassesse sifflante, 
de sorte qu’entre nous la simplicité ouvre tout grand la porte à l’amitié.
                                                                                                                                   
 — Comme tu as raison ! s’exclama le petit prince, ravi et soulagé. 
La simplicité est une précieuse clé 
ouvrant la porte de la concorde entre soi et soi, 
ainsi qu’entre soi et les autres.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. 
Mais tu ne dois pas l'oublier.
.
Amezeg
.



dimanche 12 février 2017

"Je craque..."

Pour l'atelier Mil et Une

Mot à placer : polar 


Punaise !
Vendredi 13 juillet : jour de canicule
et jour de déveine...
Voilà dix jours que je trime comme un fou,
jour et nuit,
pour boucler ce polar...
Rien fait d'autre...
Même pas mis le nez dehors...
pour écrire ces cent pages en un temps record. 
J'ai tout oublié...vraiment tout oublié
sous la menace de cet éditeur récalcitrant.
Et voilà que j'ai même réussi à zapper, hier, l'anniversaire de Julie !
Son dernier e-mail est on ne peut plus clair...

"Cher toi, je ne sais pas où tu es, ni avec qui...
je suppose que c'est quelqu'un d'extraordinaire
puisqu'elle a le don de te faire oublier le reste du monde...
Surtout ne m'appelle pas pour inventer une excuse. 
Je te laisse à tes amours.
Je ne t'embrasse pas.
Ta brosse à dents arrivera lundi par la poste.
Ciao !"

Et m...!!!!
Laissez-moi  pleurer.

Ma vie est un roman noir.
.
La Licorne
.



vendredi 10 février 2017

JEU 23 : Le droit des animaux



C'est alors qu'apparut le renard:
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince, 
qui se retourna mais ne vit rien.
- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.
- Je me souviens de celui de ma grand-mère.
- Alors, tu en as déjà vu. Pourtant tu ne m'as pas reconnu.
- C'est que, elle le portait autour du cou. C'était doux, quand je le caressais. 
Toi aussi, tu appartiens à quelqu'un?
- Je ne comprends pas bien ta question. Le renard de ta grand-mère, il vivait chez elle?
- Je crois qu'elle le rangeait avec son vison, sa loutre et un chinchilla.
J'aimais bien qu'elle ouvre son armoire à fourrures. 
Elle me disait: " Ce sont mes doudous." 
Et en même temps, j'étais un peu triste, 
parce qu'il y avait longtemps que je n'en avais plus. 
Maman, un jour, avait décidé que j'étais trop grand,
 elle n'a jamais voulu me dire où il était rangé. 
Alors, quand ma grand mère ouvrait son armoire, 
j'espérais que je le retrouverais avec les siens. 
Et je pensais, pourquoi Grand-Mère y a droit, à son âge 
et pas moi, aux doudous. 
Mais comme maman m'avait interdit d'en parler, je ne disais rien.
- Je te comprends. C'est très dur de perdre son doudou. 
Moi aussi, j'ai une histoire à te raconter. 
Il était une fois une famille de renards, appelée Fennec. 
Ces fennecs vivaient, mangeaient, dormaient dans le désert.
- Mais qu'est-ce qu'on mange dans le désert?
- Des souris, des oisillons, des lézards, des poissons, des insectes, des fruits quand il en trouve.
- Mais un renard Fennec, comment il boit dans ce désert?
- Il y a toujours quelque part, un point d'eau. 
Et puis le fennec n'a pas besoin de boire beaucoup, et trouve l'eau dans sa nourriture.
Dans cette famille Fennec, étaient nés deux petits.
- Cela ressemble à quoi un petit Fennec?
- A moi.  Une nuit, maman Fennec tendit ses oreilles, hurla. 
Puis, plus rien. Les deux petits attendirent, la fourrure chaude leur manquait; le lait aussi. 
Quand leurs yeux s'ouvrirent, ils firent connaissance l'un de l'autre. 
Il fallut qu'ils se débrouillent. Le plus malin des deux sortit la tête, il faisait très chaud, 
un éclair  éblouit leur vue toute neuve. 
Quand, le moins hardi put à nouveau distinguer la tanière, il était seul. 
Ses oreilles, enfin redressées, captèrent des grondements, des claquements.
 Puis ce fut le silence. Il apprit à chasser seul, la nuit, évitant les pièges du sable trop chaud, 
grâce à ses pattes poilues, utilisant ses oreilles pour entendre, mais aussi pour se ventiler. 
Il n'a jamais retrouvé sa famille. 
Mais il a entendu ces mêmes bruits que le jour de la disparition; 
il a senti une odeur inconnue, entendu d'étranges sons. Curieux
- Comme c'est triste, dit le petit prince, et regardant attentivement son nouvel ami, 
je crois que j'ai deviné, c'est toi le petit fennec de l'histoire.
- Oui, comment as-tu deviné?
- Parce que tu es un peu différent du renard de Grand-Mère. 
Premièrement, tu es vivant, deuxièmement tu as des oreilles plus allongées, 
troisièmement tu es plus petit.  Je voudrais bien t'aider à retrouver les autres.
- Il y a plus important; quand tu reviendras chez les hommes, 
rapporte-leur mon histoire; 
apprends-leur qu'un fennec est fait pour vivre dans le désert. 
Que ceux qui ont capturé sa famille ne sauraient, eux, pas vivre dans ce même désert, 
ils ne voudraient pas que leurs enfants, petits enfants soient enfermés dans une cage, 
eux qui sont tellement attachés à la liberté.
Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. 
Mais tu ne dois pas l'oublier.
Et puis, ne regrette plus ton doudou. Quand tu seras là-bas, souviens-toi de moi. 
Alors, tu sauras trouver les mots, pour les convaincre.
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